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SITE GUERRE 14-18
TABLE DES MATIERES

CANONNE Alfred 1917

1917 CANONNE Alfred Amédé
Victime Civile "Mort pour la France"
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Né le 15 mai 1856 à 9 heures, à Honnechy, cultivateur.
Marié avec Lemaire Henriette, cultivatrice, (O1860).
Domiciliés Rue de Landrecies à Ors.
Fils de Canonne Jean Baptiste, 32 ans (O1824) tisseur.
Et de Lemaire Adélaide, ménagère, 32ans, (O 1824).
Domiciliés lieudit Les Moulins à Honnechy.
Mort pour la France Fusillé par les allemands, le 16 octobre 1917 à 7 heures 15, à l'âge de 61 ans au lieudit Le Roleur à Valenciennes.
Transcription N°1119 à Honnechy
Sépulture Cimetière Saint Roch de Valenciennes, tombe N° 360.
Monument aux Morts de Ors.
N°1119 Acte de transcription de Décès de CANONNE Alfred
Le seize octobre mil neuf cent dix sept, sept heures quinze minutes du matin, heure actuelle de l'hôtel de ville, cultivateur né à Honnechy le quinze mai mil huit cent cinquante six, domicilié à Ors rue de Landrecies de ville époux de (sans autres renseignements) est décédé au lieudit "Le Roleur" canton est. Dressé le vingt trois octobre mil neuf cent dix sept, trois heures et demie du soir sur l'ordre de la commandanture, signé: SELLSCHOPP; lieutenant adjudant, par Nous François Damien, chevalier de la légion d'honneur adjoint au Maire de Valenciennes, officier de l'Etat civil par délégation.
Pour copie conforme, le greffier. Signé: illisible.
Source: Mairie de Ors; Mairie de Honnechy
Les faits
//.Mr Alfred Canonne-Lemaire qui habitait au bout du Vieux Chemin du Cateau près de la voie ferrée avait été obligé de déménager dans une petite ferme située en face de la chapelle St Roch. Dans le virage et de l'autre côté de la route, était située la ferme de Mr. Léon Stoclet. Or, les troupes britanniques parachutaient, dans les régions occupées des petites cages contenant un pigeon..!
Dans la cage se trouvait un questionnaire sur les passages de troupes, les emplacements de batteries et divers renseignements. Il était demandé aussi d'écrire le lieu de départ du pigeon et les initiales de l'auteur des renseignements pour lui permettre de toucher, après la guerre, une bonne récompense! Mais un jour, les Allemands abattirent dans leurs lignes un pigeon qui était parti du village d'Ors et dont le message était signé F.C.! La police allemande vint donc enquêter à Ors et demander dans les différents estaminets si on connaissait des personnes ayant pour initiales F.C. (moyennant récompense naturellement). Finalement les enquêteurs finirent par trouver Florence et Camélia Fontaine, cette dernière étant l'épouse de Mr. Léon Stoclet prisonnier.
Les Canonnes étaient disparus ?¹ depuis le 6 septembre 1917 et ils étaient activement recherchés..! Mmes. Florence et Camélia furent emmenés en prison, le 8 septembre 1917 accompagnées par le Maire.
Le Canonne toujours introuvables ne se rendirent que le 19..!
Et le 21, Mmes. Florence et Camélia Fontaine furent libérées.
Mme Canonne Lemaire qui s'était fait passer pour analphabète, fit un an de prison. Mr. Alfred Canonne fut obligé de creuser sa tombe avant d'être fusillé à Valenciennes le 17 octobre 1917.//.
?¹Les Canonne se cachèrent à la ruelle Pithou avec Mr. Poly, puis à Hautmont.
Alfred Canonne
Henriette Lemaire
L'avis de condamnation d'Alfred Canonne
Extrait du journal de Marie Polvent
Relaté dans 'Au Pays d'Ors " ?© Jules Delva, 1997.
//.Dans la nuit du 6 au 7 septembre 1917, Monsieur et Madame Canonne et un prisonnier civil qui retournait coucher chez eux, ont disparus, sans qu'on sache comment ! Des policiers occupent la maison (ancienne maison Parmentier en face de la chapelle Saint-Roch).//.
//. Le 8 septembre le garde sonne pour ceux qui ont vu Monsieur et Madame Canonne, ils doivent le faire savoir. 10 000 marks d'amende à la commune si on ne les trouve pas. Les policiers, qui occupent la maison Canonne, arrêtent tous les passants pour les interroger sur l'âge, la taille, le signalement des Canonne; chacun répond qu'il ne les connait pas.//.
//. Le 9 septembre, affiche disant que la police recherche Monsieur et Madame Canonne que celui qui sait où ils se trouvent, rendrait service à la commune en le faisant connaître; si on ne les retrouvait pas la commune devrait payer une amende 20 000 francs...//.
//. Le 12 septembre, les prisonnières ?¹ sont toujours au Cateau mais on ne découvre pas les Canonne...//.
//. Le 13 septembre, visite de Simon ?² chez Elise et du policier chez Fortez: toutes ces visites se rattachent peut-être à l'affaire Canonne qui demeure toujours un mystère .//.
//.19 septembre, on dit que Canonne et sa femme sont arrêtés !.//
?¹Flora et Camélia Fontaine.
?² Simon est un gendarme.
Source: Textes et Photos extraites du livre 'Au Pays d'Ors "; ?© Jules Delva, 1997.
â?ºLe livre 'Au Pays d'Ors " est disponible à la Mairie de Ors, tome 1 & tome 2 pour environ 650 pages; ISBN-2.9511477.3.2, édition complète, dépôt légal 1997. ?© Jules Delva, 1997.â??
Situation géographique de Valenciennes
Source:Ministère de la Défense @ mémoire des hommes
Abécédaire Ors
Plaque commémorative du Monument des Fusillés Civils à Valenciennes.
'Le Mardi 16 octobre 1917 fut pour nous une journée de deuil, car la ville recevait de la Kommandantur l'avis suivant:
" Les trois civils dénommés ci-dessous, fusillés ce matin, à 7 heures, suivant la loi martiale, ont été enterrés au cimetière civil de St-Roch.
Les numéros des tombes sont les suivants:
1° Canonne Alfred, tombe 360;
2° Cotteau Edouard, tombe 361;
3° Herbaux Victor, tombe 362.
Les murs de la ville furent immédiatement recouverts d'affiches rouges destinées à impressionner la population, en annonçant l'exécution de ces trois braves Français, morts pour la Patrie.
Nous n'eûmes à leur sujet que de très vagues renseignements deux de ces prisonniers étaient domiciliés à Honnechy, le troisième seulement habitait Valenciennes. Cannone et Cotteau ayant trouvé un pigeon voyageur porteur d'un message questionnaire, étaient accusés d'y avoir répondu.
Herbaux aurait été déposé, paraît-il, en territoire occupé, par un aéroplane, pour y accomplir un service de renseignements. Je rencontrai l'employé des pompes funèbres Dautel, qui, ayant assisté à l'exécution me dit que les condamnés étaient arrivés à sept heures du matin en camion automobile au champ de tir. Une corde avait été tendue le long de la butte, devant laquelle ils furent alignés à deux mètres les uns des autres, le dos tourné au peloton qui devait les fusiller.
Ils se rendirent à leur place très courageusement, les yeux non bandés et sans être ligotés.
Tous trois après la salve, tombèrent à la renverse, puis leurs cadavres furent déposés dans des cercueils et conduits par Dautel au cimetière Saint-Roch, pour y être inhumés.
On ne saura jamais rendre suffisamment hommage à ces braves Français qui tombèrent victimes de leur patriotisme.
A cette époque, les prisons regorgeaient de monde, et les Allemands durent préparer d'autres locaux. A la prison de St. Jean, où je devais être enfermé le mois suivant, se trouvaient un colonel et une douzaine d'officiers qui avaient tenté de s'évader, c'est pourquoi les patrouilles circulaient jour et nuit, et arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers. La Kommandantur voyait partout des espions.
C'est ainsi qu'au cimetière Saint-Roch ils arrêtèrent un pauvre évadé, qui, depuis deux mois y était caché, des personnes charitables allaient lui porter à manger."
Source: "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918" de René Delame. Edition Hollande & Fils 1933.