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TABLE DES MATIERES

Catillonnais Atypiques 1/

BENOIT Jean
Jean Benoit, après avoir été en Amérique, suivit le Bailli de Suffendorm, et contribua peu après pour sa part de marin à nous renquetter dans un pays lointain avec Alexis Pamar.
Jean Benoit revint à Catillon, il avait le caractère tout marin, sa parole était forte mais accentuée et énergique. Il rappelait souvent à l'occasion et avec la satisfaction d'un vieux soldat, ce qu'il savait sur l'Egypte, qu'il avait traversé la ligne équinoxiale et qu'il avait été jusque dans le royaume du Siam se battre pour la France. Il vécut sur la fin de ses jours, des aumônes qu'il recevait en portant de l'eau bénite.
â?ºUn acte d'état civil de Catillon cite Benoit Jean, né en 1756, fils de Benoit Jean Baptiste et de Delaye Marguerite, marié à l'âge de 27 ans, le 25 novembre 1783, à Catillon, avec Anciaux Marie Célestine, âgée de 30 ans, née le 30 novembre 1753 à Catillon.
Glossaire
â?ºBailli de Suffendorm: Il doit s'agir du Bailli de Suffren.
â?ºligne équinoxiale: Ligne imaginaire tracée à mi-chemin du pôle Nord et du pôle Sud Il marque la séparation entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud.
â?ºSiam: Ancien nom de la Thaïlande.
ARSA Adolphe Joseph
Né le13 février 1833 à Catillon.
Décèdé le 19 novembre 1911
Fils de Anselme-Marie ARSA
Et de Augustine Collery.
Parcours militaire
Il partit pour l'armée en qualité de conducteur-canonnier au 1er régiment d'artillerie, du 11 juin 1854 au 31 décembre 1860.
Embarqué le 10 février 1855, il fit, sous Napoléon III, la campagne de Crimée du 28 mars au 20 novembre 1855. Il prit part à diverses batailles et principalement au siège de Sébastopol qui durait depuis onze mois. Enfin, le 8 septembre 1855, le général Pélissier, successeur de Canrobert jugé trop timoré, ordonna aux troupes un assaut général, et Mac-Mahon planta le drapeau Français sur la tour Malakoff, clef de Sébastopol.
Adolphe Arsa rentra en France le 22 août 1856, après le traité de Paris, signé avec la Russie. Il reçut la médaille commémorative de Crimée, instituée par S.M. La Reine Victoria d'Angleterre, pour avoir assisté à cette expédition.
Rentré à Catillon, il fait la connaissance de Mlle Victoire Bouvart, de Catillon, qu'il épouse le 23 juin 1855.
Glossaire
â?ºCrimée, presqu'ile de la mer Noire, située au sud de l'Ukraine.
â?ºSébastopol, port et ville d'Ukraine, fondée par Catherine II de Russie.
â?ºPélissier, Aimable (1794-1864), maréchal de France, commandant du 1er corps d'Orient, Chevalier de la Légion d'honneur.
â?ºCanrobert, François-Marcellin Certain de Canrobert (1809-1895) maréchal de France, Chevalier de la Légion d'honneur.
â?ºMac-Mahon, Marie Edme Patrice Maurice (1808-1893) maréchal de France, 3é président de la République Française du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.
â?ºTour Malakoff, fortification de Sébastopol érigée en 1850 sur une colline, face aux remparts de la ville et servant de défense militaire.
â?ºMédaille de Crimée, médaille commémorative britannique, reconnue par le gouvernement Français par décret de Napoléon III le 26/04//1856, et délivrée aux soldats et marins de tous grades ayant participé à la guerre de Crimée du 14 septembre 1854 au 8 septembre 1855. Le nom du récipiendaire est généralement gravé sur la tranche.
Avers
Médaille de Crimée de 1854
Médaille de Crimée avec agrafes "Sébastopol" et "Alma".
Les Français reçurent leurs médailles sans agrafes. Elles ne leur furent livrées que par la suite.
Revers
Médaille de Crimée de 1854
CATILLONNAIS ATYPIQUES
ARSA Anselme Marie
Né le 8 juin 1785 à Catillon
Décèdé vers 1835 à Catillon
Fils de Eloi Arsa
Et de Marianne Lefebvre
Parcours militaire
Il partit pour le service le 19 frimaire an XIV (10 décembre 1805).
Il prit part à toutes les campagnes de l'Empire, de 1806 à 1815. Arsa fit partie de l'armée de 30.000 hommes du général Junot, que Napoléon envoya au Portugal. Il avait comme compagnon d'armes, Simon -Xavier Béthune, également de Catillon, et prirent part tous deux à la prise de Lisbonne, en novembre 1807. Blessé durant cette campagne, il fut fait caporal le 21 mai 1808.
De là, il partit en Espagne en 1808, et fut fait sergent le 16 juin 1811 au 26é de ligne.
C'est en mémoire et en reconnaissance des services rendus, qu'il reçut la médaille de Sainte-Hélène le 5 mai 1821 signée:
'Napoléon 1er à ses compagnons de gloire".
Glossaire
â?ºJunot, Jean-Andoche, Duc d'Abrantès, dit 'la Tempête" (1771-1813) Général d'Empire, secrétaire de Napoléon Bonaparte; Malgré ses exploits militaires, il fut plusieurs fois exilé pour son caractère irritable et ses frasques. Suite à un accès de délire, défenestré, il succomba à des complications infectieuses le 29 juillet 1813.
â?ºMédaille de Sainte-Hélène, créée par Napoléon III, par décret du 12 aout 1857 et dessinée par Désiré Barre, graveur-général des monnaies, pour récompenser les soldats encore vivants ayant combattu sous les drapeaux de la France dans les Grandes Armées de 1792 à 1815. A l'avers se trouve le portrait de Napoléon, 1er et au revers ce texte: 'Campagnes de 1792 à 1815. A ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, 5 mai 1821". Environ 405.000 soldats Français et d'autres nationalités en bénéficiaire.
Revers
"Campagnes de 1792 à 1815
A ses compagnons de gloire.
Sa dernière pensée.
Ste Hélène 5 mai 1821"
Avers
Napoléon 1er Empereur
Ordre militaire Virtuti Militari
(pour le courage militaire)
Boite contenant la médaille
Diplome de la médaille de Sainte-Héléne
BERA Constant
Né le 16 mai 1792 à Catillon,
Décédé (date inconnue)
Fils de Béra Constant
Et de Richard Marie Catherine.
Parcours militaire
Constant Béra, surnommé le grand Béra, mort capitaine en Afrique, était aussi de Catillon.
Tandis que son frère venait de faire les guerres de l'empereur, en intrépide canonnier, lui qui n'était au service que depuis peu, lors de la restauration, se fit recevoir dans les Cent Suisses de la garde, d'où il passa plus tard dans les Gardes du Corps. Sa belle et haute corpulence l'avait fait nommer, à la cour, le beau soldat, et tous ceux qui l'ont vu et admiré, savent qu'il portait bien ce nom, qui permet de le faire regarder comme le plus beau soldat de France.
Il était connu au loin et dans l'arrondissement on l'appelait ' Le grand Béra ".Il suffisait de le voir pour le remarquer, pour l'admirer et en parler. Il est rare de rencontrer un homme d'une taille si élevée, car il avait six pieds de haut (1,98m.) Mais ce qu'il avait de remarquable en lui c'est que tout répondait à la grandeur, son port était noble, il avait de beaux et grands sourcils noirs, un regard assuré, une épaisse moustache, des yeux mêlaient dans sa physionomie la douceur à l'énergie.
Tous ces avantages qui rendaient son extérieur majestueux, ne lui ôtaient pas pour cela son bon naturel, il n'aurait pas voulu abuser de sa force qui était extraordinaire et bien connue. Dans la garde, Béra ne voulut pas, même dans certaines rixes, s'en servir, alors que tant d'autre en font usage et en abusent. Il disait un jour à un de ses amis qui semblait lui faire reproche de sa bonté: 'Pense -donc, mon cher, si dans la colère je venais à tuer quelqu'un, quel chagrin ce serait pour moi " et n'avait-il pas raison. Je l'ai quelque fois vu lorsqu'il s'amusait à crosser avec ses amis, prendre sa crosse de la main gauche et lancer sa choulette à une distance démesurée, de la place il la faisait passer au-dessus du clocher. Béra avait encore la conversation facile et agréable, il chantait comme un artiste. Lors de la révolution de juillet, la garde se trouvant supprimée, Béra revint à Catillon et fut nommé capitaine de la Garde Nationale.
Lorsque Louis Philippe passa au Cateau, M. Seydoux, colonel de la Garde Nationale, lui remît l'honneur de commander le bataillon.
Béra, voulant rentrer dans le service actif, partit pour l'Afrique avec les épaulettes de capitaine, grade qu'il occupait dans la garde du corps. Mais il n'y resta pas longtemps, car il mourut subitement au bout de quelques mois.
Encore un brave dont le nom mérite d'être fixé dans la mémoire des Catillonnais qui le surnommaient ' le Cent Suisse Béra ".
BETHUNE Jacques-Laurent
Né le 1er juillet 1733 à Catillon
Décèdé le 14 janvier1798 à Paris, à l'âge de 66 ans.
Fils de Béthune Jacques
Et de Denise Marie Catherine.
Parcours professionnel
Sous l'ancien régime, procureur du Roi à Bouchain (Nord) .
Il fut successivement président du Tribunal criminel et du Tribunal du département du Nord.
Député du Nord, il prêta serment le 21 fructidor an V (7 septembre 1797) et entra au Conseil des Cinq-Cents le 25 germinal an VI (14 avril 1798) jusqu' au 4 nivôse an VIII (26 décembre 1799).
Il ne joua aucun rôle dans l'assemblé.
Source: Base de données des Députés de l'Assemblée Nationale. Glossaire
â?ºProcureur du Roi à Bouchain: Au début de l'année 1789, Louis XVI se prépare à convoquer les états généraux, il demande à la nation d'exprimer ses voux et doléances. A Haspres les ordres de sa Majesté sont lus lors de la messe paroissiale du 22 mars 1789 par l'abbé Pontois. Le nombre des délégués de chaque paroisse pour la rédaction des cahiers de doléances était en rapport avec la population. (Suit l'énumération des paroisses dont Bouchain)
Bouchain (295 feux) élut quatre délégués : PA.Poncin, avocat au parlement, G.H.Dupuis, avocat au parlement, J.L.Béthune, conseiller, procureur du roi et P.Ch De Hault de Lassus, maire héréditaire de Bouchain.
Source: Olivier Legrand "le XVIIIe siècle à Haspres".
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BETHUNE Simon
Né à Catillon (dates inconnues)
Parcours religieux
Simon Béthune, trappiste, de la famille des Béthune, se retira à Catillon, ou il enseigna pendant quelques temps les humanités, jusqu'en fin juin 1776.
La maison qu'il avait destiné à cet effet, existe encore vers le milieu de la deuxième rue, et portait, pour cette raison le nom de rue du collège ?¹, dénomination qui lui est restée. Mais cet établissement tomba après la révolution, lorsque M. Béthune fut nommé à la cure de Saint-Aubert, ou il resta connu sous le nom de Père Béthune. Il y mourut (date inconnue), et l'on voit dans l'église de cette paroisse ?², une pierre sépulcrale en son nom.
?¹ La maison "collège" existe toujours
?² Il n'y a aucune trace de cette pierre dans l'église de Saint-Aubert, l'église ayant été en partie détruite durant la guerre 1914-1918. De même, le vieux cimetière ne contient aucune sépulture à ce nom.
Glossaire
â?ºCent Suisses: En 1497, le roi Charles VIII créait la compagnie des Cent-Suisses de la garde. Il s'agissait de la première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, corps de parade plutôt que militaire. Quand les mercenaires Suisses apprennent que le roi Charles VIII prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés. à la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suisses. En 1496, le roi Charles VIII crée les Cent-Suisses, la Compagnie des Cent Gardes Suisses du corps du Roi Cette première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, fait partie de la maison militaire du roi de France. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l'or fin, les Cent-Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royale. Les Cent-Suisses comptent 127 hommes. Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendant Il faisait partie de la maison militaire du roi.
Le corps est supprimé en 1792 par l'Assemblée nationale, rétabli en 1814 par Louis XVIII et subsiste jusqu'en 1830.
Lors de la bataille de Pavie (1525) les Cent-Suisses sont décimés.
Les Cent-Suisses servirent de modèle à la création en 1579 d'une unité comparable au service de la Savoie puis du royaume de Piémont-Sardaigne, dissoute en 1798. On trouvait encore des Cent-Suisses en Toscane, en Autriche (1745]), ou en Brandebourg (1696-1713). La Garde suisse pontificale, créée en 1506, fait partie de cette tradition.
La devise inscrite sur la croix blanche : EA EST FIDUCIA GENTIS (telle est la fidélité de cette Nation).
Il existe une "Marche des Cent-Suisses" que nous devons à Charles-Henri Bovet.
â?ºChoulette ou choule: C'est l'ancêtre du golf, ou "jeu de crosse" joué dans la région frontalière Franco-Belge.
â?ºSeydoux Jean Jacques Etienne Charles, né le 06.juillet.1796 à Vevey (Suisse). Il suit son frère cadet et vient s'installer au Cateau-Cambrésis (59) comme industriel dans la laine de mérinos. Il s'engage dans l'Armée et obtient la nationalité française le 11.décembre.1814, et finit sa carrière, en 1823, comme Capitaine. Le 17 janvier.1822, à Paris, il épouse Gourgas Louisa Henriette née le 04.février.1805 à Paris (ancien 2ème), fille de Gourgas Jean et de Choplet de Chamont Marie Marguerite. Charles est élu Député du Nord en 1852. Il est également membre du Conseil Général des Eglises Réformées. Charles décède le 11août.1875 à Bougival (78) et Henriette le 25 août 1899 à Saint-Germain-en-Laye (78). Ils sont inhumés au cimetière du Cateau-Cambrésis.
Source: Association de la famille Seydoux, "La famille Seydoux au Cateau-Cambresis", Avril 1994.
â?ºConseil des Cinq-Cents du 5 fructidor an III au 4 nivôse an VIII (22 août 1795 au 26 décembre 1799)
Pour protéger la Constitution, deux Chambres:
"Les Cinq- Cents proposent"
"Les Anciens disposent"
Le pouvoir législatif est partagé entre les deux Assemblées. Le Conseil des Cinq-Cents a l'initiative des lois que le Conseil des Anciens approuve ou rejette sans les modifier. Une longue tradition de répartition des rôles commence: pour Boissy d'Anglas, .?les Cinq-Cents seront l'imagination de la République, les Anciens (.) la raison..
Renouvelées par tiers tous les ans, les deux Chambres ne sont pas élues directement par tous les Français, mais par des assemblées électorales. Les citoyens de chaque canton constituent une .?assemblée primaire. qui choisit un électeur pour deux cents habitants. Ces électeurs à leur tour forment .?l'assemblée électorale. du département, chargée de désigner les parlementaires.
En 1795, ces .?grands électeurs. sont environ trente mille pour toute la France. Le Conseil des Anciens compte deux cent cinquante membres, âgés d'au moins quarante ans, mariés ou veufs. On ne les appelle pas encore sénateurs, mais députés au Conseil des Anciens.
Ils perçoivent une indemnité calculée non sur la valeur, trop fluctuante, de l'assignat, mais sur celle de trois mille myriagrammes (trente tonnes) de froment. Ils portent un uniforme. Quant au pouvoir exécutif, il est partagé entre cinq Directeurs (d'où le nom de Directoire donné au régime), élus par le Parlement suivant un système qui confère, là aussi, la proposition aux Cinq-Cents et la décision aux Anciens.
Source: Histoire du Sénat
BETHUNE Simon-Xavier
Né vers 1775 à Catillon,
Décédé en 1837 à Catillon
Parcours militaire
Il partit pour le service en 1794. Il fit la campagne d'Espagne (1808-1814) en qualité de lieutenant de la ligne, et, dans cette guerre difficile, il sut toujours se tirer par son audace et sa fermeté, de tous les dangers auxquels il fut exposé.
Un jour entr'autres, s'étant écarté de ses camarades, il fut cerné dans une grange par 5 ou 6 Espagnols armés de toutes pièces. Il ne put échapper qu'en brisant la porte et en combattant vigoureusement contre les assaillants. Il fit aussi, avec Anselme Arsa, de Catillon, la campagne du Portugal de1807 à 1808. Ils partirent ensemble en 1807 à la prise de Lisbonne sous les ordres du général Junot.
On ne connait pas les autres circonstances de la vie militaire de Béthune, mais ce que l'on sait, c'est que nos vieux soldats qui l'on connut au service, rendent tous témoignage de son intrépidité. En voici encore une preuve qu'est à notre connaissance:
Lors de l'entrée des Anglais à Cambrai, en 1815, Béthune qui s'y était rendu en qualité de lieutenant de la Garde Nationale, était parti avec 13 hommes de la Garde de Paris, lorsque la nouvelle de notre déroute à Waterloo arriva à Cambrai, avec une foule de blessés qui s'y réfugiaient. Ces débris de la bataille, étaient suivis de près par les Anglais qui arrivaient presque en même temps qu'eux, et auxquels on ouvrit la ville, sans songer à leur résister, tant la garnison était faible.
Il n'en fut cependant pas de même à la porte Notre-Dame, que gardaient Béthune et ses hommes. Ce courageux lieutenant soutint avec ses treize hommes, l'assaut d'une compagnie entière, ne reculant que devant le nombre. Cependant, ne faisant que s'exposer sans profit à une mort certaine, il ne lui restait plus d'autre parti à prendre que de s'échapper. Mais, loin de se rendre, il tirait toujours sur l'ennemi vainqueur. Ce parti étant devenu très difficile et dangereux, il se débarrasse, s'esquive du mieux qu'il peut, et se jette dans une maison qu'il parcourt à la hâte et gagne par la gouttière le derrière, une maison voisine pour se mettre à l'abri des poursuites de l'ennemi.
Là, il défait son uniforme, revêt des habits bourgeois et se rend aussitôt chez Mme. Deloge, qui était sa tante et qui logeait le colonel anglais. Ce colonel fit rire Béthune de bon cour, car pendant le diner, et tandis qu'on parlait des affaires qui venaient de se passer: 'Oh! Ce que je regrette, disait ce chef anglais, c'est de n'avoir pu saisir cet intrépide officier qui défendait la porte Notre Dame et qui se battait avec autant d'audace et d'animosité".
En même temps, Béthune souriant, trinquait avec le colonel, qui était loin de se douter qu'il buvait justement à la santé de celui qui l'avait fait enrager, et qu'il divertissait lui-même si agréablement.
Après cet événement, Béthune ne tarda pas à revenir à Catillon. Lorsque nos braves prenaient les armes, ou pour escorter les processions religieuses ou pour rendre à un de leurs confrères les derniers honneurs, c'était toujours Béthune qu'ils choisissaient pour commander.
En 1830, lorsque la Garde Nationale s'organisa, Béthune fut sur le champs élu capitaine, et c'était lui qui conduisit aux parades du Cateau, nos nouveaux soldats. Le colonel Seydoux, l'admirait souvent, et, en effet, il était intéressant pour le spectateur de voir, sous sa vieille moustache grise, un
petit capitaine si décidé, vif encore comme un jeune homme,
commander avec sa précision ordinaire. Sa tournure si martiale était remarquée de presque tous, et d'autant mieux qu'elle contrastait avec l'air novice de tant d'autres chefs.
Lorsque les ducs d'Orléans et de Nemours passèrent à Catillon en 1833, notre escouade de gardes Nationaux à cheval, alla au-devant d'eux, tandis que Béthune les attendait au milieu de la grand 'rue avec sa compagnie pour les escorter. Les princes et le maréchal Gérard qui les accompagnait, passant la revue, remarquèrent particulièrement le vieux commandant Béthune, dont ils admiraient la cordialité dans l'accueil et l'aisance dans le commandement.
Il mourut en 1837, laissant deux filles. Il fut regretté de ses nombreux amis et de toute la commune.
Sa maison natale est au milieu de la place, en face de l'hôtel de ville.
Sources: Journal "L'Echo du Peuple" du 7 novembre 1906.
Glossaire
â?ºJunot: Jean-Andoche, Duc d'Abrantès, dit 'la Tempête" (1771-1813) Général d'Empire, secrétaire de Napoléon Bonaparte; Malgré ses exploits militaires, il fut plusieurs fois exilé pour son caractère irritable et ses frasques. Suite à un accès de délire, défenestré, il succomba à des complications infectieuses le 29 juillet 1813.
â?ºSeydoux Jean Jacques Etienne Charles, né le 06.juillet.1796 à Vevey (Suisse). Il suit son frère cadet et vient s'installer au Cateau-Cambrésis (59) comme industriel dans la laine de mérinos. Il s'engage dans l'Armée et obtient la nationalité française le 11.décembre.1814, et finit sa carrière, en 1823, comme Capi-taine. Le 17 janvier.1822, à Paris (ancien 2é Ardt), il épouse Gourgas Louisa Henriette née le 04 février 1805 à Paris (ancien 2ème), fille d'Ami- Gourgas Jean et de Choplet deChamont Marie Marguerite.
Charles est élu Député du Nord en 1852. Il est également membre du Conseil Général des Eglises Réfor-mées. Charles décède le 11août.1875 à Bougival (78) et Henriette le 25 août .1899 à Saint-Germain-en-Laye (78). Ils sont inhumés au cimetière du Cateau-Cambrésis.
â?ºGérard Maurice Etienne, (1773-1852) participa à toutes les campagnes de l'Empire. Maréchal de France, il fut également ministre de la guerre et Grand chancelier de la Légion d'Honneur. Décédé le 17 avril 1852, il est inhumé à Nogent-sur-Oise.
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Note aux lecteurs
Les Catillonnais atypiques sont classés par ordre alphabétique. La chronologie des faits n'est donc pas respectée.
Les faits relatés ont, pour la plupart, été écris (probablement à partir de 1830), par Eugène François (1818/1906) avec l'aide de l'Abbé Jean Baptiste Broyard (1802/1906). Ces écrits ont successivement été repris par Marcel Monfroid (vers 1955), commerçant à Catillon et par Mme Lermusiaux (vers 1960), directrice d'école à Catillon.
Les textes qui suivent sont tirés du document original ècrit par Eugéne François.
Il se peut que des erreurs soient décelées. Je compte donc sur la sagacité des lecteurs, pour m'en informer, afin d'avoir des textes proches de la vérité historique. Des compléments d'informations, ou rectificatifs, ont été ajoutés par l'administrateur du site.
ARSA Adolphe; ARSA Anselme; BENOIT Jean; BETHUNE Jacques; BETHUNE Simon-Xavier; BETHUNE Simon.
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