PAGE D'ACCUEIL
SITE GUERRE 14-18
TABLE DES MATIERES

Patrimoine Religieux Eg 6/16

Page 6/16
PATRIMOINE HISTORIQUE ET RELIGIEUX de CATILLON
EGLISE NOTRE DAME DE LA NATIVITE
"Les" Eglises de Catillon de 1194 à nos jours.
1194 La première Eglise
La première église, si l'on se réfère au premier prêtre dans la commune qui était Egidius, doit dater d'environ 1194.
1662-1671 la deuxième Eglise
L'incendie
Ensuite il faut attendre 1662 pour retrouver trace de l'église.
La première église bâtie avec le clocher date de 1671
Note: Un acte du 20 mars 1712 relate:
"D'avoir convenu avec Pierre Dumont, marchand cordier demeurant à Le Cateau Cambrésis pour livrer et entretenir les cordes des trois cloches l'espace de 9 ans à la somme de 27 florins, à la charge de les fournir et entretenir pendant le dit temps".
Un autre acte du 23 novembre 1721 relate:
" Payer à Pierre Joseph Olivier qui a repris l'action de son beau-père la somme de 4 florins le 2 août 1721, payé au dit Olivier le restant pour achever l'entretien pendant 9 ans".
En 1722, l'église est détruite par un incendie. Le souvenir s'en est conservé par la tradition, on raconte même encore comment ce sinistre est arrivé:
"Des enfants avaient vu brûler un porc, pour s'amuser, ils s'imaginèrent d'imiter le boucher, ils allumèrent un feu, l'incendie qui s'ensuivit et toutes les maisons qui entouraient la place avec l'église furent la proie des flammes"
Longtemps ce désastre fut cité, on l'appelait le grand feu, le clocher n'a pas été incendié et ce fut la partie supportant le clocher qui résista au feu qui servi temporairement d'église.
Note: Sur une des faces de la tour, écrit M.Bruelle en 1848 dans son précis topographique et statistique de l'arrondissement de Cambrai, on voyait une pierre qui portait entête le monogramme de Notre Seigneur I.H.S plus bas Maria traversée par un cour placé au milieu de la date de .l671 avec trois lettres en dessous A.D..B. .sur une pierre au-dessus de la porte il y avait la date de 1722, ce qui prouve que le clocher a servi à plusieurs églises, et qu'elle aurait été rebâtie sitôt l'incendie de la première. Cette pierre à disparue avec les débris de l'église après 1918
Un acte du 21 mai 1723 déclare:
"Payé le même marché à Jean Bedora marchand cordier à Landrecies pour la somme de 30 florins"
Note: A la fin du XVIIIème siècle, l'église de Catillon était encore à la collation de l'évêque, tandis que toutes ses voisines dépendaient d'abbayes: à l'ouest de Saint-André du Cateau (Ors, Basuel, Mazinghien, Pommereuil); au sud-ouest de Fesmy (Fesmy, Sars); au nord-est de Maroilles (Favril, Prisches).
Page Précédente
Page Suivante
1789-1799 La Révolution Française
Tous les anciens titres de Catillon ont été enlevés de l'Hôtel de ville à la première révolution, et brûlés sur la place au pied de l'arbre de la liberté, le presbytère situé vis à vis du chour de l'église, les deux maisons vicanales ont été vendues, les biens du clergé, de l'église ont été soumissionnés, l'église elle-même si belle, si grande, bâtie sur le modèle de l'église du Cateau, n'a pas trouvé grâce devant le sacrilège enthousiaste des révolutionnaires. Ce qui doit causer de plus sensible regret, c'est que le temps d'un aveugle vandalisme était passé en France. Lorsque les acquéreurs de l'église exécutèrent sa démolition, ils ne demandaient pour son rachat que la modique somme de dix-huit cents francs, on s'étonne qu'elle n'ait pas été présentée surtout quand on se rappelle qu'allait avoir lieu le rétablissement du culte, un concordat étant passé entre le souverain pontife et le chef de l'Etat. Il restait une partie hostile à la religion, il rendit tout arrangement impossible, on répandit le bruit qu'il y avait des chaînes en fer d'un poids considérable dans les murs. Monsieur Blondeau médecin sollicita le rachat s'engageant à fournir la somme exigée 1800F, plus tard on lui dit que l'on n'avait pas reçu sa lettre. L'ouvre de démolition fut donc commencée en 1798, les belles colonnes en pierre blanche, les magnifiques Autels en marbre furent brisés sur la route du Cateau pour remplacer les cailloux, les carreaux de l'intérieur de l'église en marbre noir, ceux du chour en marbre blanc furent pillés, vendu pour paver les corridors, les cours et les écuries. Les pierres tumulaires sous lesquelles étaient gravées les noms de vieux magistrats échevins, la gloire des familles encore constante servirent à fermer les puits. Il y avait trois cloches, la loi permettait de conserver la plus forte pour l'usage des communes, ici on ne voulut rien conserver, les trois cloches turent brisées pour les besoins de l'état et conduites à Guise. L'église possédait trois calices en vermeil et un en argent, ostensoir, ciboires et encensoir en argent, un reliquaire dans lequel était enfermée la phalange d'un doigt de Saint Leu Evêque, cette relique a été perdue avec toute l'argenterie qui fut envoyée à Valenciennes. Les statues des Saints qui se trouvaient dans l'église furent brûlées sur la place et même dans des maisons particulières. Le clocher est ancien, il n'a pas été compris dans la vente de l'église.
Note: Le concordat est négocié dès 1799 et officialisé en 1801. Durand cette période, les offices religieux furent donnés dans un hangar
1802 La troisième Eglise
Dès le concordat signé, une église fut construite en 1802 elle était couverte en chaume et dura jusqu'en 1842, étant trop exigu', elle fut de nouveau reconstruite en 1842
1841- 1843 La quatrième église
Note: Entre 1841 et 1843, avec la volonté du maire, Mr. Bezançon et du Curé This, une nouvelle église prit forme, sur les anciennes fondations. Mr. Debarable en fut l'architecte et Renotte l'entrepreneur.
En 1839, l'architecte Debaralle explique son projet : ' ..il y a nécessité de reconstruire une église qui soit en rapport avec le beau clocher qui a échappé au vandalisme de 1793. Notre but en composant ce projet a été de faire un édifice d'un aspect convenable, distinct et d'une architecture régulière. il fallait que l'église nouvelle rappelât un peu l'ancienne (celle du XVIIIème), qu'elle fût en rapport avec le clocher existant et qu'elle donnât à la commune une importance relative qui puisse faire naître une opinion réelle de sa richesse, qui la relève enfin aux yeux de ses habitants, aussi bien qu'à ceux des étrangers.... "
La première pierre fut scellée dans le cour derrière l'autel, elle avait la forme d'une borne et était gravée des inscriptions suivantes:
"11 aout 1841 deuxième année du règne du Roi Philippe 1er, monsieur Saint Aignan?¹ Préfet du Nord, Renotte entrepreneur, la première pierre de l'église a été déposée par monsieur Marchand Benoni adjoint faisant fonction de Maire".
Contre cette pierre fut déposée une cassette en bois couverte de plomb, dans laquelle se trouve un parchemin, avec le même texte plus les signatures, une pièce de 5 francs, une de 2 francs, et une de 1 franc à l'effigie de Louis Philippe. Le plombier, Mr Monnier, ferma cette cassette et y grava "Catillon"
?¹ Mr. Saint Aignan était député et actionnaire de la Société du canal de la Sambre à l'Oise en 1833.
1843 La bénédiction
Le jeudi 6 juillet 1843, Catillon a été témoin d'une de ces solennités qui laissent après elle de doux et long souvenirs.
Nous l'avons vu précédemment, l'église de Catillon une des plus belles de l'arrondissement, avait été détruite en 1798, la tour seule avait été conservée et qui a servie à la troisième et quatrième église.
Après la tourmente, lorsqu'on eut compris que la religion est la base de toute société, lorsque le culte catholique fut rétabli en France par le concordat signé entre le Pape et Napoléon 1er, le service divin se célébra sous une cette petite église couverte de chaume, (qui était un hangar). Grâce au zèle actif de la municipalité de la commune, une nouvelle église s'éleva sur les fondations de l'ancienne. Les travaux, commencés en mai 1841 furent terminés en juillet 1843. Ils furent dirigés par M. Debaralle, architecte, et exécutés par M. Renotte entrepreneur.
Le 6 juillet 1843, il a été procédé par l'illustrissime et révérendissime Mgr. Pierre Giraud Archevêque de Cambrai, se rendant aux respectueuses sollicitations de Maître Thils, curé de la paroisse, daigna venir bénir lui-même cette église et y célébrer pontificalement la messe. Tandis que les habitants de Catillon s'occupaient de tout préparer à l'extérieur pour recevoir dignement le premier Pasteur du diocèse, M. le curé et M. Naninck son vicaire, préparaient l'église pour la cérémonie.
A quatre heures du matin, quarante jeune gens à cheval allèrent chercher Monseigneur au Cateau, la Garde Nationale s'était réunie sous les armes, les artilleurs de Landrecies avaient amené une de leurs pièces, les musiciens du Cateau et de Landrecies s'étaient offerts spontanément à venir rehausser l'éclat de la cérémonie, une foule nombreuse se pressait sur la place et dans les rues adjacentes.
Monseigneur arriva vers sept heures, passant sous deux arcs de triomphe dressés la veille, et aussitôt une salve d'artillerie fut tirée en son honneur. Après s'être revêtu des ornements pontificaux dans une tente qui avait préparé à cet effet. Monseigneur vint recevoir à l'entrée de la tente les conseils municipaux de Catillon, de la Groise.
M. Marchant adjoint, remplissant les fonctions de Maire, a complimenté sa grandeur en ces termes :
"Monseigneur, vous venez de visiter une partie de votre Diocèse, et nous avons su combien à la vue de leur nouvel archevêque qui venait précéder de la renommée de ses vertus, la population se sent émus, mais nulle part nous osons le dire, la joie n'aura été sentie si vive qu'ici, car le même jour est signalé par votre présence au milieu de nous et par la bénédiction de notre nouvelle église, si les malheurs qui se sont accomplis il y a cinquante ans n'ont pas été réparés plutôt, c'est qu'il est des circonstances Monseigneur, où le zèle tout seul ne suffit pas. Dès que le temps l'a permis, aucun sacrifice ne nous a coûté. C'est sur nos efforts constants que nous demandons d'être jugés. Nous n'ignorons pas que tout n'est point achevé et que, si nous avons beaucoup fait, il reste beaucoup à faire, mais notre persévérance passée doit répondre de notre persévérance à venir.
Nous savons bien que la sollicitude d'un Evêque s'étend sur toutes les églises de son diocèse, mais s'il en est quelqu'une qui puisse obtenir un souvenir, un regard de plus, nous osons espérer que c'est l'église à laquelle vous aurez attaché votre première bénédiction. Catillon, depuis un demi-siècle, n'a pas reçu un prélat, mais puisse notre commune recouvrer un peu de cet amour que lui portèrent les archevêques de Cambrai, qui vinrent tant de fois la visiter.
Puisse donc ce jour commencer une époque meilleure, puisse-t-il rester gravé dans vos souvenirs comme dans les nôtres et puisse ce temple, qu'ont élevé nos mains et que les vôtres vont bénir, subsister comme un irrécusable témoin qui attestera sans cesse et noue dévouement et notre foi" !
En tenant ce langage plein de cour, M. Marchant à soin de faire très délicatement deux allusions : d'abord à propos de la première bénédiction d'église que va faire Mgr. l'Archevêque en effet, Mgr. Giraud, était depuis peu, un an à peine, à la tête du diocèse.
La seconde allusion est au sujet de la visite que les Archevêques de Cambrai faisaient autrefois à Catillon. Or nous savons que les bords de la Sambre et par conséquent le pays de Catillon avaient été donné par l'empereur Othon III au siège épiscopal de Cambrai. Nous verrons plus tard ce que l'histoire nous rapporte d'intéressant à cet égard.
Monseigneur Giraud, profondément touché du beau discours de M. Marchant, lui répondit en ces termes :
"Je vous remercie. Monsieur le Maire, dans toute l'effusion de mon cour, des sentiments que vous m'exprimez. J'ai rarement entendu des paroles dictées par un esprit aussi chrétien. Vous êtes heureux d'avoir une nouvelle église et je partage votre bonheur".
Monsieur le Curé s'avance alors vers Monseigneur et lui adresse l'allocution suivante :
"Monseigneur, en voyant s'achever notre église nous n'avions plus qu'un seul désir à former, c'était de vous voir au milieu de nous, vous venez doubler notre bonheur. Voyez comme les cours volent au-devant de vous à la venue du premier Pasteur, tout le bercail est dans la joie, sa présence n'est-elle pas toujours et partout une fête pour nous, surtout Monseigneur, pour nous à qui vous venez ouvrir les portes d'un nouveau temple, ce jour nous fait oublier toutes nos peines, si notre ministère toujours grave par sa nature, pénible souvent par les circonstances, à ses amertumes, nous ne le sentons plus aujourd'hui, nous voulons apporter devant nous que le sentiment et des paroles de joie. Désormais la religion va trouver ici un exemple qui ne sera plus indigne d'elle, et le Pasteur à qui vous confiez cette partie de votre troupeau sera soulagé d'une peine qui lui était bien sensible, et que vous faites cesser aujourd'hui, espérons quand le sanctuaire sort de ses ruines que la religion va renaître, aussi espérons que ce ne sera pas une ouvre stérile d'avoir relevé ces murs mais que la foi et la piété auront surtout leur temple dans le cour de nombreux fidèles.
Monseigneur, nous attendons beaucoup de votre arrivée, l'ouvre de la régénération est commencée, votre présence va l'achever, puisse l'avenir tenir toutes les promesses que nous donne ce jour, et puissent les bénédictions que vous allez répandre sur cette église et sur cette population, faire de cette maison une maison de prière, et de les aimer, les aimer vraiment chrétiennement".
Monseigneur lui dit en lui pressant les mains :
"Monsieur le curé, la religion se réjouit avec nous, c'est un beau jour pour tous, désormais le Saint Sacrifice sera offert dans un beau décors, mais comme vous le dites si bien, il ne suffit point d'avoir le temple extérieur et matériel, il faut surtout ce temple intérieur dont parle l'apôtre, ce temple qui est si agréable à Dieu et qui existe dans une âme pieuse, espérons ensemble que Dieu trouvera ici l'un et l'autre de vos deux temples".
Monseigneur s'est ensuite dirigé accompagné d'un nombreux clergé, vers la nouvelle église et a procédé aux cérémonies de la bénédiction. Aussitôt après, M. le curé alla chercher le Saint Sacrement à l'église provisoire et le déposa dans la nouvelle. Les fidèles furent alors introduits, pendant que la musique de Landrecies exécutait une brillante symphonie
1843 La première Messe
La première Messe fut célébrée solennellement par Mgr. L'Archevêque, assisté par Maître Giraud vicaire général archidiacres. Maître Rigaut chanoine doyen curé de Saint Géry à Cambrai, Maître Wallez doyen du Cateau, et Maître Desse doyen de Landrecies, messieurs les curés du canton remplirent les fonctions pour l'office de Monseigneur.
Monsieur Capelle, missionnaire diocésain, arrivé depuis deux jours, et monté dans la chaire qu'il avait lui-même improvisée la veille, l'orateur avait pris pour texte de son discours une parole du livre d'Esdras 'Collocaverunt attaré dei super baset suas et obtulerunt notocaustum domino " ("Ils installèrent l'autel de Dieu sur ses bases et offrirent un holocauste au Seigneur") Voir la note en bas de page
Il fit d'abord l'historique de la captivité de Babylone, montra le temple ruiné tels que le dépeint Jérémie, la douleur des Israélites en le revoyant dans cet état, leur empressement à le rebâtir, et enfin la dédicace.
De nouveau beau jour, où les échos de la vallée redirent au loin un bruit confus d'acclamations, de sanglots, et de chants de triomphe. Il fit alors l'application de ce passage de l'écriture à la cérémonie actuelle, adressa à Monseigneur un compliment puis donna la division de son discours :
1) Qu'est-ce qu'un temple considéré sous le point de vue religieux ?
2) Qu'est-ce qu'un temple considéré sous le point de vue social ?
Le temple est de tous les temps et de tous les lieux d'abord sous l'ombre du palmier, sur le faîte de la montagne, dans le désert à Jérusalem, par toute la Judée, chez toutes les nations.
Pourquoi des temples ? Pourquoi des autels ? Pour entrer en communication avec Dieu, communication qui s'effectue par le sacrifice par la prière. Après avoir donné l'explication de mot sacrifice, l'orateur montra Dieu répudiant le sang des animaux, et Jésus Christ venant s'offrir lui-même en holocauste pour le salut du genre humain, il dépeignit d'une manière le sacrifice de la nouvelle, renouvelée tous les jours et dans tous l'univers, par l'effet de cette divine parole qui fait encore tressaillir le monde de bonheur et d'amour : ' Ceci est mon corps " Le trône des rois disparaît de la Basilique, les nouveaux temples prennent le nom d'église, les fidèles viennent comme Jean et Magdeleine assister aux sacrifiés du calvaire, s'arroser du sang de Jésus pour trouver miséricorde et pardon. La prière est aussi ancienne que le sacrifié, elle y est corrélative, c'est l'effet du même besoin du cour, la prière dans le temple se trouve chez tous les peuples chez tous les païens comme chez les juifs. Il en a donné lui-même l'exemple et la recommandé à ses disciples, sagesse éternelle, il s'avait quel besoin nous avions de nous exciter mutuellement par un culte commun uniforme et public. De L'immatérialité des disciples, sagesse éternelle, il s'avait quel besoin nous avons de nous exciter mutuellement par un culte commun uniforme et public de l'immatérialité toute naturelle sur le respect que nous devons avoir pour l'église, respect que témoignent Jacob à la vue de l'échelle mystérieuse, David devant l'Arche, Salomon dans le temple.
O modeste église ! s'écria ici l'orateur dans laquelle il m'est permis de faire entendre aujourd'hui ma voix, je te bénis je baise avec respect tes murailles, je t'admire, non point à cause de la beauté de ton architecture et non point à cause des ornements qui décorent et enrichissent tes maîtres, mais parce qu'au milieu de toi réside la majesté de Dieu, parce que je l'aperçois sur ton autel, je me prosterne, je tombe devant toi, je pleure et je suis heureux, celui qui avait foi, viendra dans tout enceinte adorer le Dieu de ses pères et entendre la parole de vérité et de vie.
Eglise, maison de la parole de Dieu, parole de vérité, d'égalité, de justice, d'adoration. L'homme a besoin de vérité mais où la chercher, bannie du monde, elle est dans l'église annoncée toujours sans crainte comme sans faiblesse, elle est tantôt sublime, parfois simple, mais toujours vraie comme celui dont elle émane.
Elle gêne quelque fois, mais elle doit être libre comme Dieu même elle doit être comme un glaive à deux tranchants si vous ne la voulez pas, vous serez obligés d'aller à l'erreur, si vous ne voulez pas de cette eau limpide qui coule à vos pieds, vous serez obligés dans la soif qui vous brûle d'aller chercher au loin et avec peine une eau empoisonnée qui vous donnera la mort. Il en est de la parole, annoncée à l'église comme d'un vieillard, que de jeunes insensés méprisent alors, cependant que ses avis sont si salutaires. Et ses enseignements si pleins d'espérances cette parole dont on fait si peu de cas c'est pourtant elle qui a civilisé le monde, qui a donné à nos institutions leur sagesse, c'est d'elle qu'émane la vraie égalité, la juste et sainte liberté, avant de passer dans nos codes elle avait été annoncée à l'église, c'est à elle que l'on doit de voir les français égaux devant la loi, car c'est elle qu'il y a 18 siècles les a proclamés égaux devant Dieu. C'est encore à elle que l'on doit l'abolition de l'esclavage.
S'il y a tant de fourberie tant d'injustice dans le monde, c'est provoquer ses divins enseignements qui sont abandonnés. Ici l'orateur, parcourt les différents états, les différentes conditions, et il montre partout la loyauté et la justice ordonnées par la religion.
Le monde ne pourrait revendiquer la même chose, s'il les enseigne, c'est à la religion qu'il a emprunté ses leçons, c'est à la religion surtout qu'il faut rapporter les heureux effets de cet enseignement parce qu'elle seule donne aux lois une sanction véritable. Consolation que donne la parole annoncée à l'église, qui n'a besoin de ces considérations ? Le nombre de ceux qui gémissent et si grand, la chaîne des infortunés est si longue !! Ici l'orateur met en contraste la consolation du monde avec celle que l'on trouve à l'église, et fait ressortir le vide des uns et la solidarité des autres, et finit par raconter un fait dont il tut témoin, terrible état auquel se laisse aller un jeune homme qui se suicide, ce dont il aurait été empêché s' il avait entendu le sermon qui avait été fait quelques jours auparavant, dans la péroraison, il paye un tribut déloges aux habitants de Catillon. Soyez bénis de Dieu s'écria-t-il et il donna dans cette pensée de quoi récapituler son instruction entière et faire comprendre à ses auditeurs les devoirs que ta religion impose. Il pria ensuite le prélat de ratifier lui-même la bénédiction et les félicitations qu'il venait d'adresser aux fidèles de la paroisse, ce que Monseigneur fit avec beaucoup d'attention, oui soyez bénis, pour ce que vous avez déjà fait pour votre église, et pour ce que vous devez encore faire, puissent les paroisses voisines suivre l'exemple que vous leur donnez, oui vous serez vraiment bénis de Dieu, vous serez bénis pour la postérité, par nos descendants à qui vous laisserez un mouvement de votre foi et de notre pitié.
Une quête a été faite au profit de l'église par Mme Béra accompagnée de Mr Bricout conseiller d'arrondissement, et par Mme Azambre accompagnée de Mr Béra lieutenant-colonel de la Garde Nationale.
La messe terminée. Monseigneur a été reconduit processionnellement à la maison que M le curé avait fait préparer pour le recevoir. Il exprima à plusieurs reprises qu'il était très satisfait des sentiments qu'il avait trouvé à Catillon, et de l'ordre parfait qui n'avait cessé de régner pendant toute la cérémonie. A la fin du repas, la musique de Landrecies vint exécuter quelques symphonies dans la cour où Monseigneur dînait.
Avant le dîner. Monseigneur accompagné de M le curé de la paroisse, et de M le Doyen du Cateau, rendit une visite à M Marchant adjoint, à M Bezançon président du conseil de fabrique. .
Vers 3 heures, sa grandeur est repartie accompagnée avec la même cavalcade qui l'avait été cherché le matin.
A sept heures du soir, pour achever dignement la journée, il y a eu un salut solennel, une foule nombreuse s'y est portée, désireuse de gagner les quarante journées d'indulgence que Monseigneur avait accordé à ceux qui assisteraient avec des sentiments de dévotion. Mr. le Doyen de Landrecies a officié, et Mr. Capelle y a adressé aux habitants une exhortation familière. Cette improvisation ne le doit en rien à l'instruction du matin.
Ainsi se termina cette fête religieuse dont le souvenir restera gravé dans le cour de tous ceux qui en ont été les témoins.
Signé: Waller curé du Cateau Thils curé de Catillon Naninck vicaire de Catillon
1844 Aménagement de l'église
L'an 1844, au mois de décembre, le grand Autel a été élevé dans l'église de Catillon, le médaillon provient de l'ancien grand autel, l'urne et la corniche sont les reste d'un autel collatéral de l'église ruinée à la suite de la révolution, le tout a été restauré par Mr Petit, marbrier à Glageon, le tabernacle a été posé la veille de No'l, la chaire avait été placée déjà le 13 novembre de la même année. Les chandeliers du Maître Autel, les boiseries et les statuts du chour ont été faites dans le commencement de l'année 1845, tous ces objets sont l'ouvrage de Mr. Buisine de Lille, et à la générosité des habitants de Catillon, les confessionnaux ont été faits par Augustin. Béviére Augustin, de Catillon, l'un en 1844 et l'autre en 1845.
1846 Bénédiction de la cloche
L'an 1846, le trois de mai, a été bénite par nous soussigné curé de Catillon Espérance, cloche pesant mille livres, le parrain est François Bezançon, la marraine Espérance Débarbieux épouse de M Lambois Maire, furent présents tous les conseillers municipaux, la compagnie des pompiers, la musique, le curé de Mazinghien.
Le calice tout en argent avait été donné à l'église en 1839 par Mme Vve Cochet née Eulalie Béthune, l'encensoir a été donné par Mr. Leblon il est en argent, la croix par Mme Béthune née Béra. Les petits autels collatéraux en marbre avec médaillons blancs ont été placés en 1850 par Mr. Petit, les urnes et les revêtements ont coûté 1350 F.
La bibliothèque catholique a été établie dans la paroisse de Catillon en 1845, Mr.Capelle missionnaire Diocésain, le jour de l'ouverture fit un discours pathétique aux vêpres, sur les dangers des mauvaises lectures, une grande multitude de fidèles s'était empressée d'entendre le prédicateur.
Depuis la reconstruction de l'église, l'ameublement avait absorbé toutes les ressources de la fabrique. Les dons volontaires quoique généreusement multipliés avaient été insuffisants pour fournir aux dépenses des divers objets nécessaires au culte. A l'occasion de l'arrivée de Monseigneur François René Régnier, un nouvel appel fut fait à la générosité des fidèles, il fut entendu que l'ostensoir fut acheté par Melle Sophie Meurant, tout en argent, avec le croissant et les rayons en vermeil. Monseigneur a béni le croissant le 23 avril 1851, dans sa visite pastorale et a donné la bénédiction avec le Saint Sacrement.
1851 Visite pastorale
Ce 23 avril 1851, Monseigneur François René Régnier fit donc la visite Pastoral dans la paroisse de Catillon, la compagnie des pompiers avec la musique alla le recevoir aux limites du terroir de Catillon, une nombreuse cavalcade était allée le chercher au Cateau. Aux premières maisons de la paroisse était Mr. le Maire suivi du conseil municipal. Monseigneur reçut un compliment de la part de Mr. Fleuru Maire de la commune. Monseigneur fut reçu par le clergé qui s'était avancé en procession. Sur la place Mr. François Eugène parla au nom du conseil de fabrique à l'entrée de l'église Mr. Bécar curé de la paroisse en peu de mots fit connaître au premier Pasteur l'état de la paroisse, en rappelant à sa grandeur qu'une église venait d'être bâtie, un presbytère ensuite, que tout l'ameublement de la nouvelle église, était dû à la générosité des paroissiens qui de plus en plus les offraient, et était fréquentée, qu'il y avait un retour sensible vers les idées religieuses.
Monseigneur dit une messe basse, distribua la communion à plus de 300 personnes, parmi les qu'elles se trouvaient un grand nombre de personnes occultes, il donna la confirmation aux enfants. Monseigneur félicita ses diocésains sur le bon ordre qui avait régné, sur l'empressement à se porter à la rencontre du premier Pasteur, il a insisté surtout sur l'ameublement de l'église que les dons des paroissiens avaient procurés. A 13 heures Monseigneur retourna au Cateau une cavalcade de jeunes gens le reconduit jusqu'à chez Mr. le Doyen.
En 1854 a été acheté le ciboire, tout en argent, la coupe en vermeil, avec fausse coupe en argent ciselée portant trois écussons, trois autres se trouvant pareillement sur le pied le prix fut de 310 francs
1855 Travaux de réfection et d'aménagement
En 1855, on fit un travail considérable et dangereux, la face de la tour qui regarde le couchant, et une partie de portail menaçaient ruine, la maçonnerie était mauvaise, les jambes de forces se trouvaient séparés du bâtiment, trois d'entre elles furent refaites à neuf, depuis le bas jusqu'en haut, la face dont nous avons parlé, a commencé à 10 pieds environ de hauteur jusqu'au cordon en pierre, fut également refait à neuf, tout ce côté de la tour resta appuyé sur des étançons, les vieux matériaux étaient enlevés par petites portions et aussitôt l'ouverture était remplie par une nouvelle maçonnerie, puis un nouveau trou était fait de nouveau, enfin l'ouvrage fut ainsi heureusement terminé.
En 1855 à la suite d'une mission donnée pendant le carême par le père Besse jésuite résidant à Mons fut érigé la confrérie de la bonne mort.
Depuis que l'église avait été bâtie, différents travaux avaient été ajournés, entre autre le carrelage de l'intérieur de l'église, il fut fait en 1857 au mois de mai par les ouvriers de Mr. Saquihus de Tournay, avec le marbre des carrières de Baseiles, au prix de 8francs 25 le mètre carré, la commune est venue au secours de la fabrique pour la moitié de ta dépense.
L'an 1859, le 24 mai, a été posé le tableau du maître Autel, il est l'ouvre de Mr. Bury de Lille, il a 4m70 de hauteur sur 3m60 de largeur, le cadre a été fait à Paris, le tableau achevé a été exposé à Lille le public pu voir cette ouvre exposée rue Sainte Catherine salle de l'association Lilloise, il reçut de nombreuses visites de la part des amateurs, un compte rendu a été fait dans le journal le Mémorial de Lille dans son n° du 6 mai 1859. Mr. Bury artiste de notre ville a été admis au salon de cette année, ce tableau commandé par l'église de Catillon représentait l'Assomption de la Sainte, la composition toute originale de cette grande peinture, la poésie, l'harmonie de la couleur ont déjà valu à Mr. Bury les éloges des commissions. Le tableau avec le cadre coûta 1400francs, les frais ont été couverts par la fabrique.
La boiserie de la chapelle de la Sainte Vierge, a été placée en 1860, elle est l'ouvrage de Mr. Buisine sculpteur à Lille, elle a coûté quinze cent vingt-cinq francs. La boiserie de l'Autel Saint Leu, a été placée en 1864 par M. Buisine.
En 1869, un orgue a été placé dans l'église il fut fait à Mulhouse, et acheté à Mr Richard le prix a été en partie couvert par une souscription volontaire, prix de trois mille francs.
Le chemin de croix, a été érigé dans l'église le 19 octobre 1873, le 20éme dimanche après la Pentecôte, une grande solennité et un nombreux concours du peuple, il y avait procession à laquelle ont assisté toutes les jeunes personnes vêtues de blanc. Les tableaux sont l'ouvre de Mr. Lebrun peintre à Cambrai, les toiles et les cadres ont coûtés environ 3200 francs cette somme a été couverte en partie par les dons des paroissiens.
Les statuts du Sacré Cour de Jésus et celle de Marie, furent donnés par la famille Béra Adolphe en l'année 1873 et placés dans le chour de l'église.
Un ornement en drap d'or fin a été donné pour le jour de l'adoration en 1881, par quelques dames de Catillon, le prix est de 300 francs plus un voile d'exposition valant 30 francs
La Chaire de Vérité en 1905
Le lustre en 1905
Consulter le CLERGE durant la Révolution
Note: A l'origine, les livres d'Esdras et de Néhémie ne formaient qu'un seul ouvrage dans la Bible grecque des Septante et par la Bible hébraïque qui les rangeait dans la catégorie des Ecrits (ou Hagiographes). Divisés en deux par les Pères de l'Eglise, par Origène et par la Bible latine de la Vulgate, ils furent désignés ensuite par le nom de leurs deux personnages principaux. Les diverses désignations des différents livres d'Esdras peuvent être résumées comme suit;
Selon la tradition rabbinique (traité Babba batra 14b du Talmud), le scribe Esdras en était l'auteur et Néhémie les compléta. Certaines parties du livre d'Esdras (4,8 - 6,18 ; 7,12 - 26 : la lettre d'Artaxerxés) sont écrites en araméen, la langue des documents officiels et de certains textes littéraires, le reste en hébreu bien entendu.
Ces deux livres décrivent:
le retour des juifs de la captivité à Babylone, Zorobabel et la reconstruction du Temple à l'époque des prophètes Aggée et Zacharie (Esd 1,1 - 6,22)
les réformes du scribe ESDRAS qui organisa la communauté juive et interdit les mariages entre juifs et païens (Esd 7,1 - 10,44)
la reconstruction des murailles de Jérusalem (Ne 3,1 - 4,17 et 6,1 - 7,3)
les différentes interventions du gouverneur Néhémie (Ne 1,11 - 2,20 ; 5,1 - 5,19 ; 13,1-31)
la lecture solennelle de la Loi par Esdras. (Ne 7,73 - 8,12)
S'y ajoutent des listes de rapatriés (Ne 7,4-73), de la population juive de Jérusalem (11,1 - 36) et de prêtres (12,1 - 26).
Ils constituent pratiquement notre seule source sur cette période obscure de reconstruction du Temple et de retour après l'exil à Babylone dont la chronologie reste mal connue.